A El-Kelaat M’Gouna, la Cité des roses de Damas est l’écrin de grands parfums signés Lancôme, Miss Dior, etc.

Derrière les montagnes de l’Atlas, d’immenses champs de roses s’étendent à perte de vue. Au pied du Haut-Atlas, la Rose de Damas est la reine de la vallée. Elle embaume la région de El-Kelaat M’Gouna, comme elle fait le bonheur des grands parfumeurs du monde entier.
La légende est toujours vive. Elle raconte que la présence de ces roses odorantes remonterait au Xe siècle. Ce serait des graines tombées des poches de certains pélerins de retour de la Mecque qui ont donné naissance à ces rosiers hors du commun. C’est à El-Kelaat M’Gouna que la production de roses de Damas (plus de 1000 tonnes par an) est la plus abondante. Son secret tient à sa résistance au froid et à la sécheresse. Chaque année au début du mois de mai, la ville célèbre le Moussem des roses avec des chants, danses folkloriques, défilés et ventes d’artisanat. L’univers de cette vallée préservée, où la nature côtoie l’artisanat et les traditions du pays est une véritable incursion au sein de la magie berbère.
Des paysages grandioses
Entre Kelaât M’Gouna et Bou Tharar, nichée au pied du Haut-Atlas, la Vallée des Roses regorge de paysages à couper le souffle. Cette région, parsemée de centaines de haies de rosiers, raconte encore aujourd’hui la légende de ces pèlerins berbères, de retour de la Mecque au Xe siècle, qui auraient introduit la célèbre rose de Damas dans la région. Cette fleur discrète au parfum si délicat est devenue au fil du temps une ressource importante pour la région. Pour la découvrir dans toute sa splendeur, on traverse les villages traditionnels aux collines fleuries et l’on se rend à ABou Tharar, un petit village en terre au bout de la vallée, où, du haut du promontoire rocheux qui domine le village, les deux oueds de la vallée et les jardins, la vue est incomparable. Encore peu visitée par les voyageurs, les lieux restent profondément naturels. On marche dans les sentiers, on respire l’atmosphère paisible et sereine qui y règne.
Le temps de la récolte
Chaque année, entre avril-mai, le village de Kelaâ M’Gouna fourmille d’activités au cœur de la vallée. Ce sont les femmes qui, dès l’aube, parcourent les champs, paniers tressés en main, pour récolter les roses. La récolte dure un mois. Détail important : chaque fleur doit être cueillie le matin, avant qu’il ne fasse trop chaud. Il faut savoir que la fraîcheur de la nuit et la rosée du matin amplifient leur délicieux parfum. Lors de la cueillette, les femmes commencent par déposer les fleurs , bien protégées dans les pans retournés de leur tablier. Vers 10h, le soleil est déjà haut dans le ciel, les femmes arrêtent la cueillette et remontent la récolte jusqu’à la ferme dans de grands draps portés sur le dos. C’est là que commence la transformation en concrète de rose. Celle-ci est une pâte odorante, solide ou semi-solide, obtenus par extraction aux solvants volatils des pétales de rose.
La concrète de rose du Maroc destinée à la parfumerie haut de gamme
La “concrète de rose” est une huile essentielle de rose destinée, à la parfumerie et à la cosmétique haut de gamme. En parfumerie, ce précieux élixir est l’un des ingrédients phares de grands parfums, dont 106 de Bon Parfumeur, La vie est Belle, Rose extraordinaire de Lancôme, ou encore Miss Dior Eau de parfum. Ces créations iconiques révèlent la richesse olfactive de la rose, entre douceur féminine et sensualité. De même, dans l’univers de la cosmétique, elle révèle un grand pouvoir hydratant, apaisant et tonifiant et réhausse la qualité de la peau. Elle a des vertus régénératrices, retarde l’apparition des rides, et gomme les signes de fatigue pour un teint clair et lumineux. Chaque année, des milliers de producteurs et artisans des alentours de la vallée des roses Maroc s’unissent pour récolter et transformer ces précieuses fleurs. Avec une production annuelle d’environ 3 000 tonnes de roses, cette région emblématique joue un rôle clé dans l’économie locale et nationale du Royaume.
Où séjourner sur place ? Il existe des hôtels à petits budgets, d’agréables maison d’hôtes, par exemple l’écolodge Dar Timitar, qui propose des chambres à la déco berbère, avec une vue imprenable sur la vallée des roses.
Lilya Idrissi

