Saïd Taghmaoui

Saïd Taghmaoui

« Charlize Théron m’a réconcilié avec les actrices. » 

D’origine marocaine Saïd Taghmaoui a grandi à Aulnay sous-bois, une cité ouvrière de la banlieue parisienne. Il quitte l’école très tôt pour devenir boxeur, puis il se bat comme un champion pour devenir l’un des acteurs les plus prometteurs du paysage cinématographique international. Repéré dans La Haine de Matthieu Kassovitz, il n’a cessé de progresser. Hollywood lui a ouvert les portes et depuis, il joue dans la cour des grands. Nous l’avons rencontré quelques années plus tôt. 

« Absolument fabuleux », c’est le titre d’un film, mais également la façon dont on peut qualifier votre parcours atypique. Qu’est ce qui a été décisif dans vos choix ?

La foi pour les choses auxquelles je crois. Je crois aussi au destin, à la chance d’être là au bon moment. La culture aussi, ce métier nécessite de se cultiver au maximum. 

Vous parlez quatre langues. Le français, l’anglais, l’arabe, et l’italien et vous avez tourné au cinéma dans toutes ces langues…

Je parle aussi la langue de bois… C’est une langue qu’il faut connaître, elle est de plus en plus courante…

Au départ, le cinéma était votre objectif personnel ?

Non, je n’avais jamais eu l’envie de faire l’acteur, c’est venu un peu par hasard. Ensuite, c’est devenu comme une drogue à laquelle on aurait goûté et dont on ne pourrait plus se passer. Au fur et à mesure, c’est devenu une passion. Et plus encore, une rédemption. Mais, ça n’a jamais été une ambition. En France, à l’époque, il n’y avait jamais eu d’acteurs ou de héros à notre image. Je croyais vraiment que le cinéma était un truc de « blanc ». Et puis, tout doucement, les temps ont changé. Etre acteur, ce n’est pas seulement faire des films, c’est aussi avoir une conscience et faire des choix qui définissent la personne que tu es. Faire des films pour faire des films, ça n’a pas grand intérêt. 

Vous avez tourné plusieurs fois au Maroc, notamment pour Ali Zaoua, Prince de la rue de Nabil Ayouch. 

C’est la première fois que je tournais pour un réalisateur marocain et des comédiens marocains. En général, quand je venais au Maroc, c’était pour des productions étrangères. Ce fut une très belle aventure. Nabil Ayouch a énormément de talent. De plus, la noblesse du sujet a fait la qualité du film. Je connaissais mal le Maroc et cela m’a fait comprendre plein de choses que j’ignorais.

Vous avez aussi tourné avec des stars sublimes. Virginie Ledoyen, Elodie Bouchez, Juliette Lewis, Angelina Jolie…  Quelle est celle avec laquelle vous avez eu le plus de complicité ?

Avec toutes, je crois. Mais pas la même complicité. Il y a des stars qui sont plus disponibles sur le moment, et d’autres qui sont plus complexes, mais il faut savoir s’adapter. Je garde un souvenir ému de ces rencontres, toutes différentes les unes des autres. Mais celle qui m’a le plus touché, avec laquelle je n’ai pas tourné, mais que je connais assez bien, c’est Charlize Théron. Elle m’a réconcilié avec les actrices. Son histoire est assez incroyable. Elle a une vraie pudeur, une vraie force et elle a les pieds sur terre. En plus, elle est diaboliquement belle. 

Et Angelina Jolie ?

Moi, elle m’a fait tourner en rond ! Non, elle est gentille. Il faut respecter les gens, essayer de les comprendre. A chaque fleur, il y a une racine et Angelina a vécu des choses difficiles. Elle est intelligente, c’est une femme d’instinct. C’est un plaisir de tourner avec elle et j’en garde des souvenirs merveilleux. Enfin, à chaque fois que l’on se croise, elle est très généreuse, humainement.

V.M.A

SHARE

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *