Mohammed Chrouro « Je cherche à peindre l’univers auquel ma génération s’identifie. »

Mohammed Chrouro « Je cherche à peindre l’univers auquel ma génération s’identifie. »

Le jeune homme est vraiment grand. Non seulement il avoisine les deux mètres, mais il fait surtout partie d’une coterie rare au Maroc, celle de la communauté exigeante de l’art contemporain made in Morroco. 

C’est ainsi que l’artiste présente l’inspiration de ses premiers travaux. Lui qui n’aime pas trop s’éterniser autour des mots, est pourtant intarissable sur un sujet bien particulier : l’impact des arts numériques sur la création artistique.  Les dégradés de couleurs en sont les premières paraboles : Après un détour par le codage et la création de sites internet, Mohammed Chrouro se lance en peinture, tentant de reproduire, selon ses propres mots, « des transitions linéaires parfaites, des dégradés radiaux symétriques ou des compositions chromatiques complexes que la nature ne pourrait jamais produire ».  

Crédit photo : DR

Pionnier du mouvement post-internet au Maroc
L’artiste se lance dès 2009 comme membre actif du collectif Radar. Il s’agit d’un groupe de jeunes gens très engagés et passionnés par les intersections entre le monde virtuel et la réalité physique. Les Gradients Émotionnels est un projet qui afait long feu et c’est en 2012, que le jeune artiste développe la nouvelle technique distinctive de peintures dégradées. Il n’a pas manqué de théoriser cette approche dans un manifeste intitulé « Gradients Emotionnels » publié en 2015, décrivant ses œuvres comme une forme de peinture émotionnelle défiant l’intelligence artificielle par la création de formes déclinables à l’infini. Ses thèmes d’inspiration favoris ? L’omniprésence du numérique partout dans le monde. Le jeune homme imagine déjà les évolutions esthétiques futures. Il convoque des fusions à venir dont celle, pourtant improbable, de l’art traditionnel avec les codes visuels du web. Sa démonstration est plutôt réussie. Il expose ses premiers travaux en solo, en 2018, l’époque où Internet commence à exploser tous les codes de la communication traditionnelle. Son exposition individuelle, « Les Dégradés d’Internet 1 », est présentée à la très chic Galerie Venise Cadre (GVCC) à Casablanca, où le talent des peintres marocains ont su au fil du temps faire connaître leurs œuvres. considéré comme l’un des pionniers de l’art post-internet au Maroc.  Mohammed Chrouro est considéré comme le fondateur du New Aesthetic Marocain.

Sofia Bensouda 
Sources Diptyk Magazine

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