« Des fontaines d’eau potable au Maroc peuvent changer le quotidien de tous »

Pascal Poncet, Water connect
Les enjeux autour de l’accès à l’eau sont désormais une urgence technologique mondiale. C’est pour cela que la création des îlots de fraîcheur durables et accessibles à tous, représente l’une des solutions les plus simples et efficaces face aux défis climatiques. Water Connect, le pionnier français en la matière, en collaboration avec Ereve Casablanca, et Wellness Factory Marrakech, contribue aujourd’hui à leur installation dans les villes marocaines. Nous avons rencontré son fondateur, Pascal Poncet, dont l’entreprise fait désormais partie de la Task Torce Franco-Marocaine Coupe du Monde 2030. Interwiew.
G.M : Racontez-nous la genèse de Water Connect.
La société est née en 2018 de la volonté de réinventer la place de l’eau dans la ville. Avec mon associé, nous venons du monde de la fontainerie et du mobilier urbain, et nous avons immédiatement identifié un manque. Celui de solutions visibles, accessibles et adaptées aux nouveaux enjeux climatiques. Les villes vont devoir s’adapter rapidement aux épisodes de chaleur. Nous avons donc imaginé une nouvelle génération d’équipement urbain, capables de répondre à différents usages : boire, se rafraîchir, s’hydrater, faire une pause, se retrouver… C’est ainsi qu’est née l’idée des oasis de fraîcheur, combinant eau potable, brumisation et végétalisation avec une approche modulaire et évolutive. Aujourd’hui cette vision se déploie à grande échelle en France et nous entrons dans une nouvelle phase de développement à l’international.

La problématique de l’eau est un enjeu urgent.
C’est un enjeu universel mais aussi parfaitement concret. La chaleur en ville n’est pas une abstraction, elle impacte directement la santé, le confort et la vie quotidienne des habitants. Il est important de remettre l’eau au cœur de l’espace public. Une fontaine à boire bien placée peut changer le quotidien de milliers de personnes.
Quel est votre lien avec le Maroc ?
Je suis marié avec une Marocaine, et j’ai eu une entreprise au Maroc jusqu’en 2018. Avec Water Connect nous avons participé à une mission économique portée par la région Île-de-France en avril 2025, et également avec la première délégation Ministérielle sur la Task-Force Franco-Marocaine à la même période. Cette mission nous a permis de rencontrer des décideurs et des acteurs économiques à Casablanca et à Rabat. Le Maroc est aujourd’hui pour nous un territoire stratégique, avec lequel nous souhaitons construire des partenariats durables.
Comment percevez-vous les défis liés à l’eau et à la chaleur au Maroc, notamment dans le contexte saharien ?
Le Maroc est particulièrement exposé aux effets du changement climatique. La pression sur la ressource en eau est forte et les épisodes de chaleur deviennent plus intenses. Le défi consiste à concilier préservation de l’eau et amélioration du confort urbain. Il ne s’agit pas seulement de gérer une ressource, mais de repenser la ville pour la rendre plus résiliente. Ce qui est frappant, c’est la capacité du Maroc à anticiper ces enjeux. Il y a une vraie volonté de transformation et cela créé un contexte très favorable à l’innovation et à l’inclusion.
En quoi votre entreprise, Water Connect, représente une opportunité de croissance pour le Maroc ?
Nous proposons des solutions concrètes et immédiatement applicables. Nos dispositifs sont voués à créer des îlots de fraîcheur dans les espaces publics, en combinant fontaines, brumisation et végétalisation, selon des logiques d’économie de l’eau, l’ensemble étant monitoré à distance, car nous sommes là dans la « Smart City ». Au-delà de l’usage, ces solutions participent à l’attractivité des villes, à l’amélioration du cadre de vie. Nous pensons que c’est une opportunité pour le Maroc de conjuguer transition écologique et développement économique.

Qu’avez-vous envie d’apporter au Maroc ?
Nous souhaitons apporter une expertise déjà approuvée avec des déploiements réalisés dans des villes de toute les tailles en France, et notamment lors des JO Paris 2024, pour lesquels nous avons déployés près d’une centaine de dispositifs rafraichissant sur l’ensemble de lieux stratégiques. Nous désirons co-construire des solutions adaptées aux réalités Marocaines en travaillant avec les collectivités, les urbanistes, les paysagistes, et les acteurs de l’eau. Nous ne venons pas forcément avec un modèle figé.
Le Maroc se prépare à la coupe du monde 2030. Quel regard portez-vous sur cette opportunité ?
La coupe du monde 2030 représente une opportunité exceptionnelle pour accélérer la transformation des villes Marocaines. Ces évènements imposent de penser l’accueil, le confort et l’image du pays à grande échelle. Les enjeux liés à la chaleur et à l’eau sont centraux, notamment dans les espaces publics, les fan zones et les parcours urbains. Des solutions comme les nôtres peuvent contribuer à améliorer concrètement l’expérience des visiteurs et représenter un héritage durable pour les habitants, comme nous l’avons fait pour nos dispositifs innovants lors des JO Paris 2024.

Quels sont selon vous les atouts du Maroc pour relever ces défis ?
Le Maroc dispose d’une capacité remarquable à porter des projets d’envergure et à mobiliser des acteurs autour d’une vision commune. De plus, le Royaume bénéficie d’un écosystème dynamique et d’une forte culture de l’accueil. C’est un pays qui sait transformer les contraintes en opportunités et qui a déjà engagé des démarches ambitieuses en matière de transition écologique et d’aménagement urbain. La Task-Force Franco-Marocaine pour la Coupe du Monde 2030 doit aider l’ensemble des intervenants à relever ce défi.
Quels sont vos projets à venir ?
En 2026, notre ambition est de changer d’échelle en France comme à l’international. Notre objectif est de préserver l’eau potable et de la convertir en un bien accessible, en développant des ilots de fraicheur végétalisés, inclusifs et visibles dans la ville. Le Maroc a toutes les cartes en main pour devenir un acteur de référence sur ces enjeux.
V.M.A

