Jean-Pierre Lemoine, fondateur des Mégarama dans le monde a, très tôt, choisi le Maroc : « Sans le cinéma, je ne pourrais pas vivre. »

Jean-Pierre Lemoine, fondateur des Mégarama dans le monde a, très tôt, choisi le Maroc : « Sans le cinéma, je ne pourrais pas vivre. »

Le Mégarama est pour le Maroc une page prestigieuse de son histoire cinématographique.  Jean-Pierre Lemoine, quasi 95 ans, nous a raconté il y a quelques années de cela, la formidable saga de cette entreprise familiale, née modestement de la passion d’un homme pour le 7eart. Plutôt secret, l’entrepreneur ne se livre pas. Il nous a pourtant ouvert la porte de ses souvenirs.

Alors que les capitaux marocains prenaient l’air à tous vents, Jean-Pierre Lemoine, croyait suffisamment en ce pays pour y investir les siens. Tombé dans le cinéma à l’âge tendre, ce Parisien s’est dit qu’au Maroc aussi, on devait tous être un peu comme lui, fou des salles obscures et des derniers films sortis. Depuis, on lui doit le multiplex Mégarama de Casablanca, avec ses 14 salles, ses trois séances journalières, et des sélections internationales qui nous ont permis de suivre l’actu du cinéma international. Pendant des décennies, l’homme en jean et tee-shirt nous a donné beaucoup, beaucoup de rêves sur grand écran. Né un 18 novembre, scorpion de son état, ce passionné n’a jamais fait son âge. Il prétend que sa longévité et sa bonne mine, il les doit au cinéma : « Je fais ce que j’aime, ça conserve très bien. Je ne comprends pas les gars qui parlent de retraite.  Moi, je fais un super métier, j’ai cette chance. En fait, ma vie est passée très vite, j’en reprendrais bien pour cent ans ! »

Vous êtes entré jeune dans le domaine du cinéma ?

À 17 ans. Je n’avais pas d’argent à l’époque. Puis, j’ai monté de petites salles à Lyon et Saint-Étienne. Plus tard, j’ai cofondé l’UGC, concurrent direct de Gaumont. 

Vous êtes toujours actionnaire à l’UGC ?

Non, j’ai vendu mes parts à Vivendi, mais j’ai conservé d’autres salles et j’en ai construit de nouvelles à Paris, comme celle du Forum des Halles. A l’époque, je travaillais beaucoup trop. Je me suis un peu calmé. 

Pourquoi le Maroc ?

Le hasard. J’ai un ami producteur de films à Los Angeles dont l’avocat est juif marocain. C’est lui qui m’en a donné le désir en me disant qu’à son avis, le Maroc avait besoin d’un multiplex. J’ai étudié plusieurs propositions, des terrains qui ne me plaisaient pas. Jusqu’à celui-ci, sur le Corniche, le meilleur emplacement. Je me partageais entre Casa et Paris. 

Quel était votre objectif ?

Faire ce qui me plait et ce qui me plait, c’est le cinéma. Je ne sais faire que ça.  La vérité, c’est que je ne pourrais pas vivre sans le cinéma. 

Vous n’avez jamais eu envie de faire l’acteur ?

Non, jamais. Par contre, j’ai également produit moult films. Mon dernier, c’était une co-production, « La jeune fille et la mort » de Roman Polanski.

Votre comédienne favorite ?

Audrey Hepburn, pour sa classe et son style. A mon sens, l’image parfaite de la femme. Si vous m’aviez demandé ma pianiste préférée, je vous aurais répondu : ma femme !

Du haut de votre grand âge, un petit conseil philosophique à nous donner ?

Faire ce que l’on aime sans se poser de questions. Même bien payé, c’est une pitié quede s’emmerder quarante ans dans un métier que l’on n’aime pas.

V.M.A

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