Reda Allali « La création de Hoba Hoba Spirit, c’est comme une blague qui aurait séduit plus de monde que prévu. »

Zakaria Boualem, c’est toujours lui, le père goguenard de ce personnage hilarant. Nous avons interviewé quelques années plus tôt, cet artiste singulier… Reda Allali écrit bien. Pour d’autres c’est une chance, mais pour lui c’est un piège, car cet homme-là se méfie : des théories, des conceptualisations, des mots « profonds » et autres constructions de l’esprit. Paradoxe amusant, cet intellectuel ne se prend pas la tête et avance, tranquille, avec sa guitare et ses délirants costumes mauves sur les scènes marocaines qui, régulièrement, offrent un petit triomphe à son groupe de rock Hoba Hoba Spirit. Un chemin rock qui lui convient. Ne ratons pas ses prochains concerts à Casablanca (le 11 septembre 2026) et Fès (20 novembre 2026).
Zakaria Boualem, c’était vous depuis le début ?
Le Zakaria fan de foot, c’est bien ma réalité. Sinon, Zakaria est un personnage providentiel qui me permet de ne pas me situer dans la chronique pure et donneuse de leçon. Ce personnage grogne et critique, mais en même temps, il est, lui aussi, tout à fait critiquable.
Le côté sympathique du personnage, ce sont ses interrogations faussement naïves sur les aberrations de la société ?
Zakaria Boualem est là pour décortiquer le système à sa façon. Il est modeste, pragmatique, et animé d’une grande volonté pour essayer de comprendre son monde et les règles qui le régissent.
Vous-même avez suivi une formation de scientifique. Par quel processus en êtes-vous venu à l’écriture et à la musique ?
Vous tentez d’opposer le prétendu univers froid de l’informatique à l’univers chaud et créatif des mots. Cette opposition n’existe pas. Pour en revenir à la chronique de Zakaria Boualem, il était important pour moi de faire vivre un personnage de la classe moyenne, un salarié lambda, ne bénéficiant d’aucun privilège particulier. Cette mise en scène d’un tel personnage social, je ne l’avais jamais rencontrée auparavant. J’ai eu envie de montrer les souffrances de ce milieu.
Pourtant, Zakaria rit beaucoup…
Oui. De l’humour noir. C’est très particulier cet humour, toujours présent dans des situations tragiques.
Qui est le public du groupe Hoba Hoba dont vous êtes le leader ?
Aucune idée. À chaque concert, le public semble différent. En fait, la formation de ce groupe, c’est comme une blague qui aurait séduit plus de monde que prévu. L’idée directrice derrière le groupe, c’est de ramener la fête marocaine sur scène, loin des prestations guindées, si coincées.
C’est une réaction un peu ado, non ?
Oui, oui, il faut une mentalité de gamin pour monter sur scène avec une guitare. Je ne m’intéresse pas aux signes extérieurs de respectabilité. Les gens qui se prennent au sérieux me fatiguent. Je suis très mal à l’aise en interview aussi. Il faut théoriser, conceptualiser, bon, je reste très sceptique quant à l’impact…
Les dates des prochains concerts : À Casablanca (le 11 septembre 2026) et Fès (20 novembre).
V.M.A
Photo: L’Opinion

