La prestigieuse jumenterie de la Zouada à Tétouan

La prestigieuse jumenterie de la Zouada à Tétouan

Au cœur de l’activité de la Garde royale, il y a le cheval. Omniprésent depuis des lustres au sein de l’organisation militaire du Royaume, il est aujourd’hui l’élément déterminant de la Garde montée et des compétitions équestres correspondantes. Un modèle « exemplaire » qui, au niveau de la Garde Royale, prend vraiment tout son sens. En effet, la parade militaire de cette cavalerie perpétue dans le faste cette tradition séculaire qui représente l’un des joyaux du Maroc ancestral. 

Un rôle solennel

Fidèle à sa réputation, la Garde Royale s’illustre dans l’univers du cheval et célèbre les grandes cérémonies, selon un protocole immuable. Les services d’honneur rendus lors des manifestations officielles, religieuses et nationales, sont toujours somptueux et millimétrés. Ils sont exécutés par différents corps de l’unité : les troupes à pied, la fanfare, les divers escadrons de chevaux dont les robes sont un festival de couleurs, allant du bai, à l’alezan et au gris, ainsi que d’une escouade d’artillerie. Celle-ci se distingue par des tirs de canon aux moments forts des événements. 

Les sports équestres

Sauts d’obstacles, courses hippiques et polo, sont les principales activités développées par la Garde Royale dans son volet sportif. Ces sports équestres prestigieux nécessitent une cavalerie de haut niveau, née, élevée et grandie au sein même de la jumenterie de la Garde. C’est là un univers où le cheval est la seule référence admise et où la magie des naissances et des formations rythment le temps des hommes.

La jumenterie de la Garde Royale

Dédiée exclusivement à cette unité depuis le début des années 90, la jumenterie pourvoit aux besoins de ses escadrons en chevaux de parade et de sport. Elle est organisée en trois escadrons dont les missions sont réparties entre la reproduction, la monte et l’élevage équin. 

Des sites de pointe

Des transformations majeures ont changé la configuration de la jumenterie de la Garde : les installations ont été rénovées, offrant à « la plus belle conquête de l’homme » un cadre digne de sa symbolique noblesse. Des écuries ont été construites pour recevoir les chevaux selon leurs spécificités, notamment à Kasbat Mansouria au nord de Mohammedia, à Marrakech, Smid el-Ma, dans la région de Larache, Bougdour à Tanger et la Carrière de l’Hipica à Tétouan. 

La jumenterie de la Garde Royale est un bijou de modernité au service d’une pratique ancestrale où séjournent 300 chevaux (400 à Rabat) qui font l’objet de tous les soins appropriés. Ceux-ci comprennent l’observation et la manipulation quotidiennes des chevaux, la gestion de la jument et de l’étalon dans deux espaces séparés, l’attention portée à la fin de la gestation et au poulain nouveau-né. La prise en charge globale du poulain, depuis le sevrage jusqu’au débourrage, ainsi que la sélection génétique des chevaux et leur alimentation.

Le cycle de la reproduction 

C’est à Tétouan que réside le site spécialisé dans la reproduction. Une vaste surface de plus de 200 hectares où une centaine de militaires veillent nuit et jour au bien-être des juments et de leurs poulains. Le processus d’élevage sur ce site vise à la production de chevaux d’une race spécifique, à travers une technique de reproduction naturelle et encadrée. L’anglo-hispano-arabe est le « produit » ainsi obtenu. Suivant les recommandations royales, cette race est développée dans la jumenterie afin de produire un cheval de sport marocain, capable de concourir sur les plans nationaux et internationaux. Actuellement en phase expérimentale, ces chevaux rayonnent aisément sur les terrains des compétitions nationales. L’espoir réside dans le fait de voir un jour ces mêmes chevaux concourir avec les races importées de renom international. 

Le barbe, l’un des plus anciens chevaux du monde

Ce cheval est particulièrement apprécié au sein de la Garde et cela pour plusieurs raisons. La légende veut que cette race tire son nom des peuples amazigh, passés maîtres dans l’art du dressage du cheval Barbe que l’on pense présent en Afrique du Nord (et au Maroc) depuis la nuit des temps. Compagnon traditionnel des nomades et éleveurs de l’Atlas, l’animal est formé depuis des siècles à la chasse, la guerre, la parade et le travail. Cette légitimité territoriale confère à ce « produit » équin un statut particulier au sein de la Garde Royale qui valorise ses qualités dédiées à un compagnonnage harmonieux au cœur des escadrons.

V.M.A

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