La menuiserie des mâalems, un art impérissable

La menuiserie des mâalems, un art impérissable

La menuiserie marocaine traditionnelle est un art séculaire qui unit l’héritage arabo-andalou aux techniques berbères. Les maîtres artisans (mâalems) façonnent des bois nobles comme le cèdre de l’Atlas, le thuya ou le citronnier pour orner palais, mosquées et demeures anciennes de motifs géométriques et floraux d’une infinie précision. Avec l’aide de Mourad, le Menuisier qui nous a expliqué bien des choses.

Tous les arts de la menuiserie marocaine ont hérité d’un savoir-faire ancestral transmis par les maîtres artisans, les Maâlems. Ces techniques mettent en valeur des essences nobles comme le cèdre de l’Atlas ou le thuya, zouac. Aujourd’hui, l’habitat moderne s’en inspire largement, intégrant les héritages ancestraux andalous et orientaux, comme le fameux bois de cèdre destiné essentiellement aux plafonds sculptés (berchla), aux portes monumentales et aux éléments architecturaux des palais. Autre version : Le Zouac, cet art traditionnel des peintres ornemanistes, zawwaqa, qui décorent le bois de motifs géométriques ou floraux aux couleurs vives, dont la beauté continue à inspirer l’habitat moderne.

La sculpture sur bois 

Le cèdre est ciselé en bas-relief pour créer des frises complexes, des encadrements de portes majestueux (oufen / bbav) et des moucharabiehs ajourés. La marqueterie est également très développée à Essaouira. Elle consiste à incruster des morceaux de citronnier, d’ébène ou de nacre sur du thuya pour composer des boîtes ou des petits meubles précieux.  Enfin, le tournage sur bois est utilisé pour façonner des balustrades, des pieds de tables ou des objets du quotidien comme les porte-corans (kursi). Les villes de Fès et Meknès sont les berceaux incontestés du travail monumental du cèdre et du zouaq, tandis que les villes de Tétouan et Salé sont, elles, réputées pour l’influence andalouse de leurs décors peints et leurs structures de plafonds ouvragés. Les artisans marocains s’appuient sur un catalogue d’essences de bois locales et précieuses pour donner vie à leurs chefs-d’œuvre. Chacune possède des propriétés uniques de dureté, d’odeur et de texture. Le cèdre (Arz) est l’essence souveraine du patrimoine architectural marocain. Récolté dans les forêts du Moyen-Atlas (notamment autour d’Azrou), il est naturellement protégé contre les insectes et l’humidité grâce à sa forte teneur en résine. Sa texture tendre sous le ciseau en fait le support privilégié des sculpteurs (mâalems naqqach) et des peintres sur bois pour le Zouaq. 

Les outils ancestraux de la sculpture sur cèdre

Pour dompter le cèdre de l’Atlas (arz) et réaliser les dentelles de bois des plafonds et des portes, les maîtres sculpteurs n’utilisent qu’une poignée d’outils forgés à la main, transmis de génération en génération : Le Gouj (Gouge) : Un ciseau à lame concave indispensable pour creuser les arrondis, les volutes florales (tawriq) et les reliefs des motifs géométriques (tachbik). Le Meftahel. Il s’agit d’un ciseau plat, très fin, utilisé pour détourer les motifs, marquer les contours profonds et donner de la verticalité aux reliefs. Le Dorj : Un outil spécifique qui permet de dresser les surfaces planes au fond des zones sculptées afin de faire ressortir le dessin principal. Le maillet en bois (Matraqa) : Taillé dans un bois très dur (souvent du chêne ou de l’olivier). Celui-ci permet de frapper les ciseaux avec une force maîtrisée sans abîmer leurs manches. L’herminette (Al-Qadoum) : Cet outil hybride, entre la hache et le ciseau, sert au dégrossissage initial de la poutre de cèdre avant que le dessinateur (rassam) ne trace les motifs à la craie ou à la pointe sèche. Pour en savoir plus sur la préservation de ces métiers d’art, vous pouvez consulter les actions de la Maison de l’Artisan du Maroc.

Texte avec l’aide de l’IA

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