La guerre des palmiers aura bien lieu à Casablanca

Haro contre les palmiers californiens qui trônent au bord des routes casablancaises et « ne servent à rien » sur le plan écologique. Explications.
Il existe un rêve bédouin qui prétend que ce végétal est un arbre qui a les pieds dans l’eau et la tête dans le feu. Le palmier casablancais est issu de cette poétique qui prête aux végétaux l’existence enviée des dieux. Oui, Casablanca est bordée de palmiers. Ce qui offre au regard, un spectacle d’une grande beauté. Pourtant cet arbre si serein est l’objet d’une polémique qui dure depuis quelques années. En effet, ce sont les associations qui ont réveillé les consciences quant à la généralisation des palmiers d’origine étrangère à Casablanca. Crime écologique selon les associations, le vrai problème ne concernant pas les palmiers nationaux vendus en pépinière, mais ceux venus d’ailleurs, nommés Washingtonia, au tronc très long et à la courbe élégante, importés de Californie et du Mexique. Ceux-ci ont remplacé sans raison autre qu’esthétique, de « vrais » arbres casablancais, parfois centenaires. Ce que l’on reproche aujourd’hui à ce grand palmier hors sol, c’est qu’il ne sert à rien, n’offre pas d’ombre et sa longueur verticale nécessite une grande dépense d’eau sous-terraine. Enfin, il n’offre pas d’ombre aux promeneurs sous le soleil et n’ont aucun effet sur la purification de l’air, alors que les véhicules se multiplient dans la capitale économique du Maroc et perturbe la préservation du patrimoine vert de la ville. Il faut savoir que le palmier n’est pas un arbre, mais une plante qui nécessite vingt ans de croissance. Hélas, certains préfèrent payer le prix fort pour des végétaux grandis ailleurs et qui n’offrent aucun service écologique. En raison de l’urgence environnementale, la ville protège désormais ses vieux palmiers, ceux qui ont « les pieds dans l’eau et la tête dans le feu », valeur écologique mais aussi poétique.
Alma Zerkaoui – Journaliste

