Les coopératives féminines brisent les vieux schémas de l’agriculture conventionnelle

Les coopératives féminines brisent les vieux schémas de l’agriculture conventionnelle

Au pied de l’Atlas et sur les plateaux du Souss, une nouvelle organisation des zones rurales voit le jour. Il s’agit de nouvelles coopératives féminines qui remplissent des fonctions économiques et administratives. C’est en valorisant des produits totalement naturels et raffinés comme l’argan, le safran et le tissage que ces petites structures professionnelles contribuent à l’éclosion de filières locales qui facilitent la gestion d’écosystèmes dans la région. Elles servent aussi de lieux de transmission de savoirs et d’expérimentation des bonnes pratiques agricoles et commerciales. Une sacrée bonne idée!

L’émancipation pour briser le “plafond de terre”

Regroupées, les femmes rurales ont transformé des savoirs traditionnels en activités génératrices de revenus et en projets professionnels. Au Maroc, la coopérative est un lieu d’apprentissage, d’alphabétisation et de formation technique et commerciale. L’accès à un revenu régulier est aussi important car il modifie les rapports au sein des ménages et les modalités de prise de décision. Autre avantage, les filles ont plus de possibilités d’accès à l’école et les femmes participent aux décisions économiques familiales. La structuration collective facilite l’accès au financement, aux marchés et aux services de soutien. Enfin, des activités annexes se développent autour des coopératives, comme le conditionnement, la logistique et la commercialisation. Ceux-ci permettent de diversifier les sources de revenus locales.

Au cœur de la résilience climatique

Ces coopératives d’un nouveau genre adoptent des pratiques agricoles axées sur la conservation des ressources naturelles marocaines. Elles mettent en œuvre des techniques d’irrigation économes, favorisent la culture biologique et limitent l’usage d’intrants chimiques. Ces pratiques contribuent à la protection des arganiers et des plantes locales et participent à la lutte contre la désertification. Pour exemple, ces coopératives mènent des actions de replantation, de protection des zones humides et de restauration des sols. Elles tiennent compte des variations climatiques et ajustent les calendriers de production et les choix de cultures pour réduire les risques. Ces petites entreprises dynamiques organisent également des actions de sensibilisation auprès des jeunes et des consommateurs sur les enjeux environnementaux.

L’éthique du Made in Morocco

L’organisation est claire et minutieuse. Chaque produit est associé à un territoire et à un savoir-faire. En favorisant la traçabilité et les circuits courts, les coopératives proposent une alternative à la production de masse et visent la qualité, ainsi que la transparence. Les relations commerciales se structurent autour de prix négociés, de partenariats durables et de certifications qui reconnaissent les pratiques biologiques et équitables. À l’export, ces produits représentent des offres spécifiques pour des marchés sensibles à l’authenticité et à la durabilité. Localement, la valorisation de ces produits soutient l’emploi et renforce l’économie des territoires concernés.

Vers un nouveau contrat social et écologique

Le développement de ces coopératives interroge les politiques publiques et cherche de nouvelles pistes pour valoriser une croissance qui profitent aussi bien aux populations rurales qu’à la gestion des ressources naturelles. Ces structures fonctionnent comme des espaces de gouvernance locale où les décisions sont prises collectivement et où la transparence est encouragée. Elles nécessitent des dispositifs d’appui adaptés, tels que des financements ciblés, des formations techniques et un meilleur accès aux marchés. La creation de ces coopératives contribue à limiter l’exode rural en offrant des perspectives économiques locales et en renforçant le tissu associatif. Elles favorisent aussi des partenariats multiples avec les organisations non gouvernementales et les opérateurs privés car il s’agit également d’amplifier les effets économiques et environnementaux.

Ralia Khtatba, journaliste 

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