Heureux comme un chat en Islam

L’homme et les chats, voilà une bien vieille relation qui remonte à la nuit des temps. Le témoignage le plus ancien connu est dans une tombe à Shillourokambos à Chypre qui daterait de 9500 ans avant notre ère. Des archéologues y ont découvert un chat enterré au côté d’un homme. On trouve à travers les siècles et les civilisations, de l’Égypte antique à nos jours, des attestations de la proximité de ces félins à l’homme !
Au cœur de l’éthique musulmane
Si le chat est absent du texte coranique, il est au cœur de l’éthique musulmane qui prescrit la bienveillance envers les animaux, ce qui explique pourquoi il est le plus aimé et respecté dans les sociétés musulmanes avec des nuances selon les courants de pensée.

Selon la tradition, la chatte du prophète s’appelait « Muezza »
Au Maroc malékite, on peut le constater au quotidien. Pourquoi donc tous les chats abondent,entretenus par les riverains ? Il nous faut remonter au prophète. Selon la tradition, celui-ci est souvent associé à ces animaux, pour lesquels il avait du respect et une grande affection. Il possédait une chatte favorite nommée Muezza. Une anecdote transmise de génération en génération, raconte qu’il préféra couper la manche de son vêtement plutôt que de réveiller l’animal qui dormait dessus au moment de l’appel à la prière.
Les chats font partie intégrante des paysages urbains
Contrairement à d’autres animaux, le chat est considéré comme pur. Selon les hadiths, l’eau dans laquelle un chat a bu peut encore être utilisée pour les ablutions et la nourriture qu’il a entamée reste consommable. Muhammad a formellement interdit la maltraitance animale, considérée comme une injustice grave qui sera jugée. Un récit prophétique célèbre (conforme à l’éthique coranique) mentionne qu’une femme est allée en enfer pour avoir affamé un chat, tandis qu’un homme a obtenu le pardon divin pour avoir donné à boire à un chien. Un proche compagnon du prophète avait pour surnom Abu Hurairah que l’on peut traduire par Père des chatons, nommé ainsi par le Prophète lui-même en raison de son amour pour cet animal. On raconte qu’il avait l’habitude de transporter un chaton dans sa manche et qu’il avait un grand amour pour les félins.

Aujourd’hui, cette affection historique se manifeste visiblement dans des villes où les chats font partie intégrante des paysages urbains, protégés par la communauté. Le touriste non averti peut être surpris par ces cartons plats sur les trottoirs car il ne sait pas que ce sont les voisins qui les disposent ainsi pour que les chats viennent y dormir. Souvent, tout à côté, ils disposent de petites coupelles chargées de granulés spéciaux pour les repas des chats.

Texte et photos : Richard Zéboulon

