À Beni Mellal, les transes du saut extrême

Tout en haut du mont Atlas, le silence est intense. Ils sont postés à 4000 mètres d’altitude, encadrés par les crêtes couleur safran de la roche à vif. Ils ne vont pas tarder à s’élancer. Sous les terribles rafales du vent de l’Atlas, tout se joue pour ces sportifs de l’extrême qui sont venus du monde entier ouvrir grand leurs parachutes.
La passion de l’envol ne date pas d’aujourd’hui. Léonard de Vinci comptait déjà parmi les grands fans du parachute. Il l’avait dessiné en plein XVe siècle dans le Codex Atlanticus. Il s’agissait alors, pour le génial inventeur, de voler dans les cieux du monde. Son parachute personnel (qui n’a bien sûr jamais décollé), avait la forme d’une tente pointue, en toile de lin, étanche, soutenue par un cadre carré en bois, d’environ sept mètres de haut en bas. Aujourd’hui, c’est chose faite. Les passionnés connaissent enfin les grandes émotions de ce sport au Maroc, désormais à l’honneur de la discipline. Épicentre mondial du tourisme de l’extrême, la région de Béni Mellal occupe la première place dans le cœur des champions européens et autres sportifs adeptes de sensations fortes. Venus de tous les coins du monde, les émules et autres accros du sport sont au rendez-vous. Symbole du tourisme chic, la voltige mondiale au-dessus des gorges d’Azilal, (Haut Atlas) en est la représentation au bord de l’extrême.
Témoignages
« Le saut en parachute, c’est très exaltant. Que ce soit la première fois ou en tant que pratiquant régulier, l’émotion forte est toujours au rendez-vous. On ne s’habitue jamais à ce type d’excitation qui nous saisit. C’est à chaque fois, une expérience extraordinaire, comme si vous quittiez la dimension des éléments que vous connaissez. Tous vos repères explosent. C’est un autre univers qui s’offre à vous et vous fait battre le cœur. » Sofiane, professeur, débutant.
« La chute est grisante, et retenir sa peur en est l’aspect le plus difficile. Quand on parvient à la maîtriser, c’est le moment d’explorer un nouvel horizon qui s’offre à vous. La chute en parachute, c’est un peu comme un défi à la mort, au début. Puis, au bout de quelques instants, la confiance en soi revient, et là, on se découvre, on exploite un pan de soi que l’on ne connaissait pas avant. » Sophie, cadre de banque, débutante passionnée.
« Ce saut a changé beaucoup de choses en moi. Pour la première fois, j’ai ressenti une vraie indépendance. Une grande liberté. » Bérénice, cadre d’entreprise.
Idrissi Lilya

