Oum : « Je crois au Destin et je suis mon feeling »

La chanteuse a sorti cette année son album solo Dialddar. Thèmes épurés, soutenus par un choix artistique particulier, l’artiste, touchée par la puissance des voix et des rythmes, mêle la soul-jazz aux sonorités sahariennes. L’artiste se prépare à une grande tournée internationale. Elle a répondu quelques années plus tôt à nos questions indiscrètes.
Nous sommes accros depuis ses débuts à la beauté de sa voix. Idem pour son minois de petit chat volontaire et de sa voix incroyablement douce et puissante à la fois. Tout le monde ne la connaît pas, mais ceux qui ont eu l’occasion de l’entendre, ne sont pas prêts à l’oublier. Nous l’avions interviewée juste avant qu’elle ne s’envole pour une tournée française.
Date de naissance, âge et signe astro…
Je suis un bélier du 18 avril 1978. Les caractéristiques de mon signe me conviennent assez : têtue, boudeuse, fonceuse. Tout moi ! (Elle rit)
Pas que des qualités, dites-donc …
Boudeuse, mais pas rancunière. C’est mieux, non ?
Tu es têtue jusqu’à quel point ?
Quand je suis convaincue de quelque chose, je ne reviens pas dessus. Il est très difficile de me faire changer d’avis.
Et la chanson, tu es convaincue pour toujours ?
Je parle de mon entêtement en général. Je chante depuis mes douze ans. C’est une passion précoce. Mais je ne lui ai pas tout sacrifié.
Tu vis à Rabat ?
Non, ce n’est pas une ville pour moi. Trop calme. Les gens se prennent trop au sérieux. Moi j’ai grandi à Marrakech, alors, tu vois…
Tu as commencé la chanson très jeune. Comment, à l’époque, tes parents ont-ils pris cette passion ?
Ils ont été fiers de moi, je pense. Avec mes parents, nous avons toujours pu discuter de tout, mais mes décisions je les ai toujours prises seule. Mes parents espéraient que je fasse les bons choix. Mais ils savaient très bien que je ne suis pas le genre de fille à faire n’importe quoi.
Où as-tu appris à chanter ?
Je n’ai pas vraiment appris. J’ai commencé par le Karaoké, puis j’ai rencontré à Marrakech un producteur italien qui m’a enseigné quelques techniques de chant. J’ai également participé à une chorale de gospel. À l’époque, je suivais La Star Ac à la télévision… Les deux cessions.
Une autodidacte pure et dure…
Oui. Dans le train qui m’emmenait à la fac, je me postais seule devant le miroir. C’est là que j’ai trouvé une nouvelle « couleur » à ma voix que je ne soupçonnais pas. J’ai également appris la technique de la respiration, que ce soit la respiration du ventre, la respiration nasillarde, ou de derrière les pommettes.
Après un tel travail sur toi-même, quel est aujourd’hui ton objectif ?
Dans une vie, chaque chose en son temps. Je crois au Destin et je suis mon feeling.
Tu composes également ?
Non, pour le moment, je suis inculte en la matière. Je ne joue d’aucun instrument, c’est peut-être pour ça. Par contre, j’écris mes textes et j’ai collaboré avec un producteur italien. Au début, j’ai compris que ce que je chantais était un peu trop « blanc » pour moi. Nous avons cessé nos collaborations. Puis, j‘ai rencontré un autre producteur « Joe », l’initiateur du chanteur Yannick et de son titre bien connu, Ces soirées-là. Il m’a proposé quelques compositions plus « black », qui me convenaient mieux.
Que signifie la réussite pour toi ?
Rencontrer les bonnes personnes au bon moment et avoir des parents aimants. Je suis très croyante. Je ne saute pas sur toutes les opportunités, car je déteste les mauvaises surprises.
Tu n’as pas vraiment le look d’une religieuse pratiquante…
C’est ma façon à moi de l’être. Je ne cherche pas à ressembler à un cliché. La religion est quelque chose qui n’appartient qu’à moi. Je ne compte pas la partager publiquement avec les autres.
Si tu avais pu choisir ta religion ?
L’Islam, sans hésiter !
Difficile pour les femmes…
Je parle sur un plan métaphysique. L’islam politique m’intéresse peu. Dans le texte sacré, rien n’est écrit au hasard : la beauté des métaphores, les rimes, le texte est véritablement surhumain et c’est magnifique.
Quelle est ta grande qualité ?
La tolérance. Je me mets facilement à la place des autres.
Ton gros défaut ?
Je boude de façon intense. Ça peut durer une demi-journée. C’est consternant.
Branchée psy ?
Non, je n’ai pas besoin de partager tout avec le monde.
À qui racontes-tu tes malheurs, alors ?
Je les garde pour moi. Sinon, j’en parle à mes parents. Je suis très sensible aux ondes. Il y a des gens à qui je ne sers pas la main !
Superstitieuse ?
Terriblement. Je pense que mon objectif premier est de tout faire pour que tout soit positif autour de moi, traversé de bonnes ondes. C’est comme cela que l’on se découvre. En travaillant sur soi et en évitant les problèmes qui peuvent être évités.
V.M.A

