Le désert éblouissant des femmes berbères dans les contrées de Tamazgha

(Photo et interview du photographe Lotfi Rachidi)
Dans cette culture, la femme occupe un rôle essentiel dans la société amazighe dans toutes les contrées de Tamazgha. Elle est le pilier de la société et la gardienne des traditions culturelles et des savoirs ancestraux. Sans oublier, pour autant, que les Amazighs doivent la survie et la pérennité de leur langue à la femme qui a toujours joué le rôle de courroie de transmission de leur idiome.
Les femmes berbères sont tenues en haute estime. La société traditionnelle amazighe était à l’origine une société matriarcale, la femme, surtout la mère avait une place centrale dans la société. On allait jusqu’à parler d’un sanctuaire vivant, pour dire combien elles étaient importantes et, à tous points de vue, considérées comme égales à l’homme. Les femmes amazighes constituent, sans nul doute, le pilier incontournable de la famille et de la communauté amazighe. Elles sont les gardiennes d’un savoir et d’une organisation ancestraux qu’elles véhiculent à travers leur langue maternelle, vecteur de valeurs et d’identité. Le mot « Tamazight » désigne à la fois la langue, le territoire et la femme : un terme et un acte hautement symboliques. Héritières d’une longue tradition matriarcale, les femmes amazighes continuent à remplir leur rôle et à présider à l’éducation de leurs enfants, à gérer leur foyer et à préserver leur patrimoine en termes de savoirs traditionnels : la transmission de la langue et des savoirs, l’éducation, la médecine traditionnelle et l’artisanat, sont des domaines essentiels occupés par des femmes. Interview de Lotfi Rachidi, photographe.
Lotfi Rachidi : « A travers les portraits et paysages du désert, je cherche l’émotion, la sensation. L’appareil photo m’aide à rendre tout cela plus « sexy ».
Vous avez réalisé beaucoup de portraits de Saharaouis
Oui, c’est un peuple très « esthétique », très expressif, il transmet de l’émotion.
Le désert est pour vous synonyme de sensualité…
Oui. Le matin, si vous regardez une dune avec l’ombre du soleil, elle ressemble à un corps de femme. Ces dunes ont une beauté très féminine. Autre surprise, le désert semble vide mais il n’est pas silencieux. Il y a toujours le vent comme caisse de résonance entre deux dunes. La sensation est quasi sensuelle. Oui, le désert est très féminin, mieux que le viagra, (il rit). Le désert induit des émotions profondes et la beauté de l’image est toujours impressionnante. Le désert possède une lumière spécifique. Chaque lieu change par rapport à la lumière du jour. L’émotion se transforme selon les heures. Le matin, l’après-midi et le soir, offrent de nouvelles perspectives de sensations. Plusieurs sites à Merzouga ont des dunes qui ressemblent à des fesses ! (Il rit)
Le désert vaut tout l’or du monde
A part la sensualité, la sensibilité et l’émotion, je ne saurais exprimer tout ce que l’on ressent dans ces lieux. Je ne suis pas quelqu’un qui parle. Je pense que tout le monde ressent cela dans le désert. Moi, je bivouaque avec un assistant, sous la tente, avec un feu de bois. Je vous raconte une anecdote récente : un jour, je pars en repérage pour Richard Attias, et sa boite de communication. Nous étions attendus à Marrakech, il a préféré rester au bivouac, dormir sous la tente, où l’ambiance est véritable. Rien n’est plus beau que la nature, sans parler des couchers de soleil. Ça vaut tout l’or du monde. Je ne suis pas un mondain. Ici, ça vit intensément autour de nous. Et l’on y ressent une sorte de mysticisme, un sentiment inexplicable.
V.M.A

